Rupture bis

On en parlait récemment avec Mr Q., c’est fou comme c’est bien plus simple d’écrire quand ça va pas. Comme si la tristesse ou tout autre émotions négatives étaient plus sujettes à rendre « créatif » que les « jolies » émotions. Bien que ce soit un tout autre sujet (et non moins intéressant), c’est plutôt une bonne introduction à ce qui va suivre.

Telles Caroline et Safia, je traverse depuis quelque temps une situation similaire, à savoir une rupture amicale. Il aura fallu que j’attendes mes 30 ans pour connaitre ce sentiment. Enfin, j’en ai perdu des amis, ou des gens que j’aimais, mais cela s’est toujours fait au fil du temps, jamais de manière brutale(sauf si on parle de personnes qui meurent, mais là encore, c’est pas le sujet).
Chose que je découvre donc depuis quelques temps, et qui m’interroge. Parce que je n’aurais jamais pensé que cela puisse être aussi douloureux, comme une rupture sentimentale au final.
Le but n’est clairement pas de revenir sur ce qui s’est passé, déjà cela ne regarde que nous (enfin presque…), mais je me rends compte de l’ampleur que ces évènements de vie peuvent engendrer et c’est ce qui me pousse à écrire aujourd’hui.

Cela fait bientôt deux mois que cette personne que j’aimais énormément et que j’aime toujours, malgré tout, est sortie de ma vie. Au début, surtout sur le cul de ce qu’il se passait, je ne saisissais pas tellement. Au fil du temps, les pleurs ont commencés à être de plus en plus réguliers, la colère s’estompait, mais autre « chose » a accompagné la colère : ma confiance en l’autre, en moi aussi. Allez salut, j’espère qu’on se retrouvera mais, pour sur, c’est pas demain la veille.
Outre le fait que cette personne me manque tous les jours, qu’il m’est quasi impossible de rentrer chez moi (j’y suis rarement, heureusement) sans avoir un sérieux coup de blues, ben, le vrai truc relou/chiant/chelou, c’est ce que cette histoire a changé en moi.
Je ne suis pas de nature rancunière, je ne l’ai jamais été, mes coups de sang sont aussi violents qu’éphémères, ça passe rapido, le lendemain on en parle plus. Même si là, ce n’est pas tant une question de rancune.
J’ai également le pardon extrêmement facile. Peut être trop, mais, la encore, je ne vois pas comment je pourrais.
J’ai toujours aimé l’Autre, j’ai trop souvent été surprise dans le bon sens pour rester sur une première impression pourrie. Mais là, la surprise à été dans l’autre sens et ce sont des croyances profondes qui se sont effondrées.
C’est très déstabilisant de se voir comme l’on ne s’est jamais connu, de sentir ces émotions que l’on déteste nous submerger.
Au final, c’est peut être le truc qui me rends le plus en colère. Que cette personne ait les clés pour réussir à me transformer si profondément. J’avais réussi à construire ces derniers mois, une base solide de positivisme, j’y travaillais fort, et la, patatra, c’est tout parti avec lui.

Cela fait donc 2 mois, que je me replie fermement sur moi, que j’ai peur de l’autre en général, que mon canapé et mon plaid à fusées me semble être mes meilleurs amis. (Et le café aussi, à la noisette). J’ai peur que cet état ne passe pas, de ne pas avoir de déclic, j’ai peur de ces sentiments violents et puissants. J’ai peur que cette histoire me transforme, j’ai peur de devenir quelqu’un de complètement opposée à ce que j’étais.
J’ai peur de publier ça et qu’il le lise, j’ai pas envie qu’il le lise. J’ai peur de perdre ma joie de vivre, ma minuscule verve (je te vois rire, toi qui a lu verge).

J’ai peur d’avoir aussi peur en fait.

Bon promis, un jour j’écrirais un truc plus joyeux.

Quand voila les 30.

Dans pas longtemps, je vais fêter mes 30 ans. Bam prends ça dans ta face. Tu les vois pas venir, ils arrivent sans crier gare. Bon en vrai, pas tant, j’ai tout le loisir de les voir venir.
J’en parlais avec une amie, qui fêtera ses 30 années jolies quelques semaines après moi.
Sauf que voila, elle le vit plutôt « mal », tandis que, personnellement, j’accepte plutôt bien le truc. Alors que vous m’auriez vu les deux semaines précédant mes 25 ans, c’était pas joli à voir : les pleurs tout les soirs, les bilans sur la vie qui servent à rien et autres joyeusetés dans le genre.
Alors qu’à 30 ans, c’est la que je devrais faire le bilan, non ?

Finalement, j’ai hâte de les avoir mes 30 ans. J’aime la personne que je suis devenue, celle que je vais continuer à être, j’aime toutes les personnes qui m’entourent, je me sens un peu bénie pour plein de choses.
Il y a 5 ans, j’étais encore mal dans ma peau, j’assumais mal mes idéaux, mes principes, mon caractère, mes envies. Aujourd’hui je peux tenir des propos devant quelqu’un sans m’en vouloir de parler de ma vision des choses et de ne pas être d’accord. Avant j’aurais fermé ma gueule, j’aurais retourner la situation dans tous les sens. Aujourd’hui, j’assume ce que je dis, je suis fière de mes principes.

J’ai souvent lu que la trentaine, c’était mieux. On se connait mieux. Et mine de rien, ouais, j’avais beau être dubitative, je dois bien avouer que c’est vrai. J’accueille donc ce nouveau chiffre rond avec joie. En vrai, ça doit aider d’être encore un peu gamine dans mes délires. De ne pas avoir d’enfants. J’ai encore plein de choses à faire. Et ça c’est chouette.
Et puis avec un peu de chance et/ou de bonne volonté, j’atteindrais les 60 puis les 90, donc je peux, potentiellement, vivre encore 2 fois ce que j’ai déjà vécu (ouais je suis forte en maths, je sais que ça vous en bouche un coin).

Tout ça pour dire que, autant j’étais pas chouette à voir avant mes 25 ans, autant, aujourd’hui, j’ai appris à positiver (c’est pas dans mes gênes. Exemple typique : je bloque sur le 16 janvier depuis des semaines. Quand ma mère m’a dit au détour d’une conversation, somme toute classique, qu’elle avait la date du 16 janvier dans la tête, on a commencé gentillement à paniquer. Genre, forcément, si on a cette date dans la tronche, c’est FORCEMENT qu’il va se passer un truc horrible : un bus, un coup d’état, la mort de René (ah non, ça c’était hier), enfin vraiment un truc pas cool du tout. On a donc décidé de ne pas sortir le 16 par précaution. Sauf que pourquoi ce serait forcément un truc pourri ? Peut être que David va ressuscité, on sait pas…).
Bon, forte de cette digression sympathique et qui, comme vous pouvez le constater, montre à quel point on est pessimiste / un brin cinglée / superstitieuse dans la famille.

(Je sais, vous êtes en train de vous demander où peut bien mener tout ça. Moi non plus je sais pas, j’ai pas un chemin de fer devant les yeux, j’improvise, me juge pas).

Donc, en gros, je crois que le mieux avec les 30 années, c’est que j’ai vaincu des démons internes, un peu. Y’a encore des petits relents parfois (comme quand tu mange des cacahuètes). Mais j’ai évolué, j’ai grandit, j’accepte mieux beaucoup de choses, et surtout je ne suis plus une petite chose triste, morne et fragile. Et là, j’aime mieux te dire, merci la vie. Et j’le dis comme j’le pense.
Et c’est ça que je veux dire à mon amie (et toi aussi si tu es déprimé(e) par les années qui passent) : en fait, la vie c’est vachement bien quand tu décides que ça peut l’être (ouais, ça va, je sais que je suis loin d’être à plaindre, calme toi!).
Rien que pour les jolis moments qu’on a encore à vivre, tout ce qu’on créera, tout ces rires qu’on partagera, toutes ces soirées où l’on dansera, ivres d’alcool et de joie. On va continuer à se cultiver, à apprendre des choses. On apprendra à être meilleures, avec nous même, mais envers les autres aussi, à aimer avec bienveillance.
Rien que pour ça, franchement, yolo, je les referais pas les 5 dernières années. Je suis bien contente d’en être arrivée la et le chemin à été compliqué.

Si toi aussi t’es content tape dans tes mains !

giphy (2)
* toutes les excuses sont bonnes pour insérer des gif, ok ?

 

Allez salut, biche ton chat de ma part.

 

 

La page blanche

Je n’ai pas de talents. Il fut bien un temps où je dansais, mais de là à parler de talent… Je ne sais pas dessiner, je n’ai pas une voix fabuleuse, j’ai un humour qui fait pas rire grand monde, je ne suis pas forte en sport, j’ai pas une plume à faire pâlir Voltaire, j’aime beaucoup de choses dans la vie mais je ne possède aucun talent.

Enfin si, je sais me mettre sur la pointes des orteils dans des baskets, ce qui me fais gagner 22 bons centimètres (oui, j’ai calculé la longueur de mes pieds), ce qui est bien pratique pour choper des trucs haut perché. Et je sais aussi faire tenir une petite cuillère sur mon nez. Mais bon, soyons honnêtes : ça ne sert pas à grand chose dans la vie.

Je stagne. Je ne sais pas où je vais. Je ne sais pas quoi faire. Les journées sont parfois longues (souvent en fait). Je me plaignais de passer des heures derrière un écran quand je travaillais, et voila que mon quotidien se résume exactement à la même chose, l’argent en moins.

A côté de ça, mon entourage évolue, avance. Certains font des bébés, achètent des maisons, se marient, refont des bébés, partent travailler dans d’autres pays. D’autres sortent des livres à succès, font rires des milliers de personnes. D’autres encore ont des projets géniaux, des travails passionnants. Attention, il n’y a aucune forme de jalousie, bien au contraire, je suis tellement fière et contente pour eux. Et j’ai la chance d’ailleurs d’être entourée de gens comme ça (amour infini sur vous).
Je ne sais pas si vous voyez la scène dans Garden State, où Zach Braff se retrouve sur un canapé au milieu de gens. Tout s’accélère autour de lui.

tumblr_n2j8ixfKrF1rmi6wpo1_500Voila. Je me sens comme ça, au milieu de tout ce qui m’entoure (pour ceux qui connaissent le film, la défonce en moins, je vous l’accorde).
Je suis là, tout autour de moi, ça bouillonne, ça vit, ça profite. Et moi, je reste immobile, à ne pas savoir quoi faire, où aller.
Ça me crève de l’intérieur, d’avoir des choses à faire, d’avoir des choses à donner au monde, d’avoir envie de m’exprimer, de créer, d’être quelqu’un, de laisser une empreinte ici bas. Mais ça bloque, au fond de moi, ça ne se déclenche pas. La frustration est telle qu’elle me pourrit l’esprit, renforce le blocage. Pourtant ça veut sortir. Comme, je sais pas moi, un énorme bouton qui serait trop blanc, mais impossible de l’éclater (désolée, c’est la seule image qui m’est venue en tête…).

Pourtant il y a milles choses que je voudrais faire. Peut être trop d’ailleurs.
Je fais plein d’expos qui me donnent envie de produire des choses, j’ai plein d’idées mais qui ne trouvent pas les moyens de s’exprimer. Je ne regarde pas un film ou une série sans penser au bonheur que ça doit être de faire ces métiers. J’imagine l’envers du décor. Je ne regarde pas un spectacle sans penser également à ces choses là.
Ma vie se résume à une énorme page blanche. Et comme toute page blanche, sa copine l’angoisse l’accompagne. Sauf que ça peut être une super contrainte créative quand il s’agit d’un texte à pondre, mais quand c’est toute ta vie que tu as à écrire, c’est un autre problème. Et en même temps, c’est excitant puisque dès lors, je pourrais éventuellement être et devenir ce que je veux. Encore faudrait-il que je me mette d’accord avec moi même. Mais parfois, ça bouffe plus que c’est excitant et s’enchaîne alors un cercle nul dans mon esprit où je me dénigre et où je finis par conclure que je suis nulle et bonne à rien. Et ces soirs là, je suis pas une rigolote de service.

L’ennui, le chômage et la solitude n’aide pas tellement à se sentir utile. Mais moi aussi, j’ai envie de vivre, de ne plus rester passive à attendre que ça se passe, à observer ma vie de loin comme si je n’étais pas là.

Mais je cherche et j’attends l’encre pour remplir cette énorme page blanche…

Shooting By La Fille Renne

Il y a quelque mois, j’ai rencontré la talentueuse Fille Renne. On a organisé un petit shooting.

Je n’étais pas spécialement « rassurée » dans le sens que c’était bien la première fois que je faisais ça. Mais je sais pas, j’avais envie de faire quelque chose pour moi. Alors voila, j’ai sauté le pas.
Elle m’a tellement mis en confiance et était d’une douceur sans pareille, tout a donc, finalement, était plus facile que je ne l’aurais pensé.
Et j’aime beaucoup ce qui ressort de cette petite séance sans prétention. C’est tout doux, l’argentique c’est un peu magique quand même (enfin c’est surtout Cécile qui est magique en vrai).

Je vous invite à découvrir son blog si vous ne le connaissez pas, c’est beau, ses clichés sont d’une rare poésie. Je sais pas, elle m’inspire cette fille.

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Et je vous laisse avec les liens sur son blog pour voir le shooting complet :
http://lafillerenne.fr/blog/index.php?post/2014/12/16/Gali-on-film
http://lafillerenne.fr/blog/index.php?post/2014/12/27/Gali-on-film-part-2
http://lafillerenne.fr/blog/index.php?post/2015/01/13/Gali-on-film-part-3

Rupture conventionnelle, 3 mois après. Le bilan.

Voila bientôt trois mois que j’ai enfin pu quitter mon poste. Ces trois mois ont été les plus durs de ma vie, mais aussi, le commencement d’un nouveau chapitre (je pourrais même dire que c’est un nouveau tome tellement tout à changer).

La rupture conventionnelle a été plus longue que prévue à mettre en place, je pensais terminé fin septembre, j’ai finalement fini fin octobre. Cette annonce a été très dure à encaisser. Début septembre, je retourne donc travailler avec en boucle dans ma tête, l’idée que bientôt ce sera terminé. Des envies nouvelles germent dans ma petite tête. Des projets. Et puis le coup de massue, deux semaines plus tard quand j’apprends la date finale de mon contrat. Repartir pour 1 mois de plus, c’est con, mais ça me parait insurmontable. Déjà trop de temps gaspillé, trop de sensations et de sentiments négatifs.

Changer de vie, tout quitter quand ce qu’on a construit pendant de nombreuses années ne nous est plus bénéfique, plus en accord avec nous même, quand le salaire et le contrat est confortable, tout ça, c’est bien loin d’être évident. Ca fait souffrir. Ca demande milles remises en question. Mon plus gros amalgame sur cette période et sur la dernière année finalement (quand je commençais à me rendre compte que tout ça ne me convenait pas, et puis tu oublie, tu t’enferme dans ton confort, etc) a été de mélanger les sentiments négatifs que j’avais à cause du travail et les transposer dans ma vie perso.

Ce n’est pas parce que ton travail te fais te sentir merdique, bonne à rien, incapable, sans reconnaissance, que c’est le cas des personnes qui t’entourent. Mais ça tu le découvre plus tard, parfois trop tard comme pour moi. Cette page de ma vie a été terriblement douloureuse. J’ai tenté de me recentrer sur moi même, apprendre à me connaitre mieux, lu milles livres sur le positivisme, le bonheur, le « comment allez mieux », … J’ai commencé à voir une psychologue, à réfléchir sur ce que je voulais. Mon médecin m’a mis sous anti dépresseur, parce que tu pense bien, tu pleures tous les jours, t’es mal dans ta vie, donc tu es dépressive. Plus je prends du recul sur tout ça, plus je me rends compte que j’étais finalement juste à l’écoute de sentiments qui me pourrissaient la vie depuis trop de temps. Les livres et les médocs, c’est sympa, mais ça ne résout pas le fond du problème.

A coté de ça, tu as tes proches, qui ne savent pas quoi faire pour t’aider, pour te permettre d’avancer. Personne n’est censé être des super héros, personne ne peut sauver quelque chose de si profond et si personnel. Parce que la seule personne capable de le faire, c’est toi et toi même. Mais ça demande du temps, de la réflexion, du travail sur soi.
Je regrette de m’être laissé bouffer par ces sentiments. Vraiment. Ils ont fais beaucoup de dégâts.

Aujourd’hui donc, après 3 mois, je commence à voir le bout du chemin de cette période sombre. Les premières semaines de chômage ont été, pour moi, affreuses. La encore, il faut réussir à dompter ce nouveau quotidien. Les premiers jours, tu fais les choses que tu voulais faire, tu cuisines, tu te lèves à l’heure que tu veux, tu vois des gens. Mais les questions reviennent vite. Ou vais-je ? Que vais-je faire ? Est ce que j’ai fais le bon choix ?
Et puis il faut luter contre la flemmardise, éviter de se dire « Oh ça va, la barbe, ça je peux le faire demain ! » et finalement, ne plus rien faire du tout. A force de penser, d’être dans l’interrogation, on passe à coté du quotidien, on pense au futur, au passé, mais à aucun moment, on profite vraiment du moment qui est la. On n’est alors plus du tout dans l’action. Et ça bouffe correctement à l’intérieur. La prise de conscience a pour moi été longue. Pour plusieurs raisons.
J’ai eu à vivre à coté de ça, une des épreuves les plus compliquée de ma vie, payer les conséquences de ce négativisme ambiant que m’avais insuffler le boulot. Je l’ai payé cher, très cher. Ce qui a ralentie considérablement ma remise sur pieds, mon travail sur moi même que je m’efforçais de faire depuis quelques mois. Avant cet événement supplémentaire, je commençais tout juste à voir le bout,  à devenir positive quant à l’avenir, à mes projets, à mes envies. Je me trouvais enfin.

Maintenant, je suis seule, avec moi même. Je redécouvre ce que c’est que d’avoir envie de faire des choses, l’importance des projets. Je suis en bilan de compétences dans un organisme parisien pour me trouver professionnellement. Ce travail est long et est étalonné sur 3 mois. Mais j’espère et je sais qu’il sera bénéfique.
Tout arrive en même temps dans ma vie, et j’imagine que ce n’est pas un hasard. J’ai besoin de me recentrer sur moi, savoir qui je suis, pour ne plus commettre les mêmes erreurs. Je regrette de ne pas me sentir plus soutenue. D’avoir perdue des personnes qui était tellement importante dans ma vie. Mais c’est également un nouveau départ. J’ai la force nécessaire pour construire ce que je veux. Les forces sont en moi depuis longtemps, elles se sont essoufflées pendant toute cette période que j’ai traversé, mais elles reviennent peu à peu. Je dois me faire confiance. C’est juste devenu vital.

Et non, je ne suis pas dépressive. Comme on a trop voulu me le faire penser. Je traversais juste une période qui me faisait faire un travail intérieur intense et dur. Rien n’est évident, quand on parle de tout bousculer dans sa vie. J’en parlais à un ami récemment, et mon envie de partir de ce travail n’est pas née en mars dernier mais datait bien d’avant. Je ne me souvenais même pas en avoir parler et pourtant j’ai réussi à faire taire ce besoin quelques temps, pour que finalement, il revienne plus vital que jamais. Genre dans la pyramide de Maslow, ca devenait même plus important que les besoins primaires. Et c’est bien pour ça que tout cela m’a tant affecté. J’aurais dû m’écouter plus tôt.

Mais le temps n’est pas aux regrets, il faut avancer et se reconstruire. Les journées sont parfois longues, parfois compliquées. Mais j’essaie de toutes mes forces de m’occuper. Je rencontre des gens, qui, créativement et c’est ce dont j’ai besoin présentement, m’ouvre de nouveaux horizons. Je fais du bénévolat au resto du coeur. Je réfléchis sur moi même, je lis des BD, regarde mes séries en retard, je fais des projets photos, je pense à apprendre enfin à me sentir de ce ukulélé qui traine depuis 2/3 ans (ne parlons pas de la guitare qui est au chaud dans sa housse depuis 15 ans). J’ai envie de faire milles choses.

Et je sais que bientôt, je serais bien avec moi même.

De l’article sur la culture du viol de Madmoizelle

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Ouais ça sent l’article pas rigolo.

Je lisais tranquillement l’article de Madmoizelle sur la culture du viol qui est bien détaillé et très bien fichu comme à leurs habitudes.

Jamais j’ai pensé avoir été violée. Jamais je me suis sentie souillée. Jamais je me suis fais agresser physiquement dans la rue. Verbalement c’est une autre histoire.
Et puis, à la lecture de cet article, j’ai compris. Je me suis revue dans certaines situations.
Non c’était pas normal de pleurer pendant que mon premier amour finissait de me troncher. Ce soir là, j’avais pas envie. Mais j’ai rien dit, j’ai attendu. C’est pas lui le coupable, c’est moi, j’avais qu’à lui dire.
Non c’était pas non plus normal d’attendre patiemment que mon plan cul finisse sa petite affaire alors que ça me disait franchement rien et que ma liste de courses m’a paru plus palpitante sur le moment. Mais pareil, j’ai rien dit, j’ai attendu en faisant ma liste de courses justement. Et en fait, je crois que j’ai jamais apprécié l’idée du plan cul, c’est pas moi, j’y arrive pas.
Et pour autant, je peux pas qualifier ça de viol. Tout au plus je me suis sentie victimisée sur le moment. Pas après, parce que j’étais la meilleure coupable. Peut être que les exemples de viol que j’ai dans mon entourage proches sont bien plus violents et destructeurs. Je crois que le terme est trop violent pour moi. Ça reste des personnes que j’ai aimé, j’ai du mal à les imaginer en violeurs, même si oui, l’un aurait dû voir que je pleurais, l’autre aurait dû sentir que j’étais pas vraiment la.

Du coup je me retrouve en conflit interne parce qu’une part de moi n’arrive pas à les accabler, à leur en vouloir et l’autre partie de moi est quand même marquée par ces 2 actes. Et je crois que ce petit paradoxe qui m’est propre engendre également la culture du viol. En acceptant la part de moi qui refuse de mettre le mot viol sur ce que j’ai vécu (pour toutes les raisons évoquées mais pour bien d’autres encore), je dédramatise également et j’engraine cette culture.

Je parle rarement de sujets comme ça parce que je jongle toujours et ce, quelque soit le sujet, avec un pour et un contre. C’est un énorme chaos dans ma tête, ça débat constamment pour tout et pour rien, je suis même pas d’accord avec moi même, je vois pas pourquoi écrire pour tenter de me mettre d’accord sur mes désaccords.
Mais la, je sais pas. J’avais envie d’en parler. Parce que j’aime pas l’idée que ça reste anodin.