De l’article sur la culture du viol de Madmoizelle

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Ouais ça sent l’article pas rigolo.

Je lisais tranquillement l’article de Madmoizelle sur la culture du viol qui est bien détaillé et très bien fichu comme à leurs habitudes.

Jamais j’ai pensé avoir été violée. Jamais je me suis sentie souillée. Jamais je me suis fais agresser physiquement dans la rue. Verbalement c’est une autre histoire.
Et puis, à la lecture de cet article, j’ai compris. Je me suis revue dans certaines situations.
Non c’était pas normal de pleurer pendant que mon premier amour finissait de me troncher. Ce soir là, j’avais pas envie. Mais j’ai rien dit, j’ai attendu. C’est pas lui le coupable, c’est moi, j’avais qu’à lui dire.
Non c’était pas non plus normal d’attendre patiemment que mon plan cul finisse sa petite affaire alors que ça me disait franchement rien et que ma liste de courses m’a paru plus palpitante sur le moment. Mais pareil, j’ai rien dit, j’ai attendu en faisant ma liste de courses justement. Et en fait, je crois que j’ai jamais apprécié l’idée du plan cul, c’est pas moi, j’y arrive pas.
Et pour autant, je peux pas qualifier ça de viol. Tout au plus je me suis sentie victimisée sur le moment. Pas après, parce que j’étais la meilleure coupable. Peut être que les exemples de viol que j’ai dans mon entourage proches sont bien plus violents et destructeurs. Je crois que le terme est trop violent pour moi. Ça reste des personnes que j’ai aimé, j’ai du mal à les imaginer en violeurs, même si oui, l’un aurait dû voir que je pleurais, l’autre aurait dû sentir que j’étais pas vraiment la.

Du coup je me retrouve en conflit interne parce qu’une part de moi n’arrive pas à les accabler, à leur en vouloir et l’autre partie de moi est quand même marquée par ces 2 actes. Et je crois que ce petit paradoxe qui m’est propre engendre également la culture du viol. En acceptant la part de moi qui refuse de mettre le mot viol sur ce que j’ai vécu (pour toutes les raisons évoquées mais pour bien d’autres encore), je dédramatise également et j’engraine cette culture.

Je parle rarement de sujets comme ça parce que je jongle toujours et ce, quelque soit le sujet, avec un pour et un contre. C’est un énorme chaos dans ma tête, ça débat constamment pour tout et pour rien, je suis même pas d’accord avec moi même, je vois pas pourquoi écrire pour tenter de me mettre d’accord sur mes désaccords.
Mais la, je sais pas. J’avais envie d’en parler. Parce que j’aime pas l’idée que ça reste anodin.

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